Une partie de la capitale sans électricité dans la nuit de lundi à mardi Ce n’était pas un délestage
Déjà, en “temps normal”, ces coupures, même lorsqu’elles sont de courte durée, ne sont pas les bienvenues et font jaser plus d’un. Quand elles surviennent à la veille du mois sacré et en pleine canicule, le courroux des citoyens monte d’un cran.
Des Eucalyptus à Tixeraïne, en passant par Alger-Centre, Hydra, Kouba et Baraki, plusieurs communes de la capitale se sont retrouvées dans le noir, dans la nuit de lundi à mardi. De 2h à 5h du matin, point de lumière ! Ceux qui dormaient et qui n’en avaient pas besoin, n’ont pas échappé aux désagréments puisqu’ils étaient privés de climatisation ou de ventilation par ces temps de canicule. Dès les premières lueurs de la matinée, tout le monde ne parlait que de cela. “Il a fait très chaud, hier soir, avant de dormir, j’ai laissé la clim en marche, mais vers 4h du matin, la chaleur ma réveillé et là, j’ai constaté qu’il n’y a plus d’électricité”, raconte un jeune habitant dans un quartier de la capitale.
Dans un communiqué rendu public hier, la Société de distribution de l’électricité et du gaz d’Alger a tenu à rassurer en affirmant que cette coupure était due à un incident important survenu dans un poste de transformation. “Aujourd’hui, à 2h26 du matin, un incident important a eu lieu dans un poste de transformation très haute tension/haute tension de la capitale, lors de travaux d’entretien”, explique le document. “Cet incident a entraîné un manque de tension dans 10 autres postes électriques de répartition haute tension/moyenne tension occasionnant l’interruption de l’alimentation en électricité”, lit-on encore dans le document. Ce n’était donc pas un délestage, par conséquent, cela n’est pas appelé à se répéter, ces jours-ci, dans d’autres quartiers.
Le communiqué fait état de “la reprise progressive” de l’alimentation en électricité qui “a commencé à partir de 2h49 du matin”. Et de souligner : “Tous les quartiers cités ci-dessus ont été totalement rétablis à 4h59.”
Déjà, en “temps normal”, ces coupures, même lorsqu’elles sont de courte durée, ne sont pas les bienvenues et font jaser plus d’un. Quand elles surviennent à la veille du mois sacré et en pleine canicule, le courroux des citoyens monte d’un cran. Plusieurs familles et commerces ont fait leurs approvisionnements et courses pour le Ramadhan. Bien des produits conservés dans les frigos risquent de finir dans les poubelles si ces coupures venaient à se répéter.
Depuis de nombreuses années, Sonelgaz recourt à la pratique du délestage pour atténuer, un tant soit peu, cette forte demande sur l’électricité qui est enregistrée durant la période estivale.
La société a, notamment l’an dernier, justifié les coupures fréquentes d’électricité par des perturbations sur le réseau de transport de l’électricité et l’utilisation à grande échelle de climatiseurs, en considérant que ces “désagréments” causés aux citoyens et aux commerçants ne sont pas, par conséquent, dus à un manque de production d’électricité ?
Délestage ou problème survenu lors de travaux d’entretien, là n’est pas la question, car les désagréments vécus par les ménages et les commerçants sont les mêmes, dans un cas comme dans l’autre.
Est-il tolérable, dans l’Algérie de 2010, que le citoyen subisse encore les conséquences préjudiciables à son confort ou à son activité professionnelle, de coupures de courant, sous quelque motif que ce soit ?